Notre oreille, composée de quelques milliers de cellules sensibles, capte l’ensemble des sons appartenant au champ auditif humain, c’est-à-dire entre 20 Hz et 20 000 Hz et entre 0 décibel (dB) (seuil d’audibilité) et 120 dB (seuil de douleur). Les infrasons et les ultrasons ne sont pas perceptibles.
Nous sommes tous concernés, dans notre vie courante, mais aussi au travail quand on y est régulièrement exposé au bruit de manière importante. En effet, les cellules sensibles de l’oreille peuvent être abîmées, voire détruites. Ces altérations sont définitives car les cellules ne sont pas réparables et leur destruction est irréversible. Si l’exposition se répète jour après jour au travail, et qu’aucune protection n’est mise en place, l’agent pourra, à plus ou moins long terme, développer une surdité professionnelle. Par ailleurs, le bruit génère des troubles du sommeil et cardiovasculaires mais aussi des vertiges et du stress.
Selon le Code du Travail et depuis 2003, le seuil d’alerte est fixé à 80 dB(A) (décibels pondérés unités de niveau de pression acoustique) pour 8 heures de travail. On conseille alors à l’agent de porter des bouchons d’oreilles.
Le niveau de danger est fixé à 85 dB(A). A partir de ce seuil, une protection de l’audition est obligatoire. La plupart des machines produisent un bruit entre 80 dB et 110 dB. Par exemple, une perceuse en marche produit environ 90 dB, un perforateur 100 dB et un souffleur jusqu’à 115 dB. Si une personne exposée ne se protège pas à de tels niveaux d’intensité, il s’ensuivra à plus ou moins long terme une perte de l’acuité auditive irréversible appelée hypoacousie ou surdité.
Quelles Protections Individuelles Contre le Bruit (PICB) choisir ?
Dans les collectivités territoriales, certains agents sont équipés de protections auditives. Ils peuvent utiliser des bouchons d’oreilles ou un casque anti-bruit.
1. Les bouchons d’oreilles
Ils sont constitués de différentes matières (polyuréthane, silicone ou plastique), ils peuvent être attachés par un fil ou un arceau.
Certains modèles sont jetables, d’autres réutilisables.
L’agent peut être équipé de bouchons sur-mesure pour des raisons de confort et d’une meilleure efficacité pour l’atténuation du bruit.
Ils sont compatibles avec d’autres équipements de protection individuelle (EPI). Il est possible de mettre des bouchons sous un casque anti-bruit dans le but de créer une double atténuation et mieux se protéger des bruits forts.
Étant relativement petits, les bouchons d’oreille sont manipulés à mains nues. Il faut donc être vigilant en matière d’hygiène au moment de leur installation pour ne pas transmettre de maladies.
Le préventeur peut informer utilement les agents sur la mise en place optimale des EPI.
Les bouchons réutilisables réduisent les sons de 20 dB alors que ceux façonnables réduisent les sons de 30 dB. Les arceaux possèdent une efficacité limitée car la bande de maintien n’est pas réglable. Ils sont à éviter !
2. Le casque anti-bruit
Il existe plusieurs tailles (taille enfant ou taille adulte). Selon les modèles, le serre-tête est réglable ou non. Par rapport aux bouchons d’oreilles, le casque présente l’avantage d’être plus confortable grâce à la présence de coussinets. Le positionnement des coquilles sur les oreilles est plus facile et donc l’oreille interne est mieux protégée contre le bruit extérieur. Il permet de réduire les bruits de 30 dB environ. Par exemple, le niveau sonore d’un tracteur tondeuse affiche 90 dB. Si on porte cet EPI, le son qui atteint l’oreille n’est plus que de 60 dB. Il existe également des coques anti-bruit montables sur un casque de chantier. Celles-ci ont les mêmes caractéristiques que le casque anti-bruit.
Le port des protections auditives peut-il générer un risque au travail ?
Avoir un casque sur ses oreilles ou porter des bouchons d’oreilles peut être perçu comme discriminant mais n’empêche pas l’activité de l’agent.
En effet, ces protections réduisent le bruit extérieur de 20 à 30 dB selon l’équipement. L’oreille peut toujours capter des ondes sonores entre 0 dB et 70 dB. L’agent équipé sera toujours en mesure d’entendre une alarme ou une conversation (collègue, enfant à la cantine…) car le niveau d’une conversation humaine est égal à 50 dB. Les protections auditives peuvent même être utilisées par les musiciens professionnels.
Un test d’EPI est toujours conseillé avant sa mise en place définitive. La personne pourra se rendre compte par elle-même qu’elle continue à entendre les conversations et réaliser ses missions normalement, et en sécurité, puisque son équipement ne bloque que les sons les plus nocifs pour sa santé.
La meilleure protection auditive existante est la conception de bouchons sur mesure. En effet ils sont réalisés à partir de l’empreinte de l’oreille de l’agent. Toutes les ondes sonores vont être atténuées avant d’atteindre l’oreille interne. De plus, pendant la fabrication de ces bouchons, l’entreprise peut poser un filtre de 10, 20 ou 30 dB pour s’adapter au confort de l’agent.
Le port de protections auditives est essentiel afin de protéger l’audition et la santé des agents exposés aux bruits nocifs et ne perturbent pas l’exercice des missions qui leur sont confiées.
Tous les secteurs professionnels peuvent en être dotés (agents des service techniques, ATSEM, agents des restauration…).